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DES STRATÉGIES POUR PRÉSERVER L’INTIMITÉ DE NOTRE COUR ARRIÈRE - LE CALME APRÈS LA TEMPÊTE Par Patrice-Hans Perrier, rédacteur ![]() Peu importe leur culture d'origine, les humains aiment préserver une part d'intimité autour de leur habitat. Comme les grandes métropoles sont densément peuplées, il peut être tentant de se soustraire à l'agitation ambiante. Certains architectes montréalais se sont hasardés à réinterpréter la figure classique du jardin intérieur, avec des variations audacieuses sur ce thème. La cour arrière : une réflexion du bâtiment Bien des unités d'habitation montréalaises sont construites sur des lots étroits et manquent ainsi d'ensoleillement. Voilà pourquoi certains architectes estiment que la cour arrière peut devenir une extension de l'espace central de la maison, en décloisonnant le rez-de-chaussée et en prolongeant le plancher intérieur vers l'extérieur. Les architectes montréalais Loukas Yiacouvakis et Marie-Claude Hamelin se sont fait remarquer, en 2000, avec un projet de reconstruction inusité. Cette petite résidence unifamiliale, sise sur la rue Bélanger, en plein coeur de la Petite Italie, témoigne du fait qu'il est possible de créer un continuum entre la maison et la cour arrière. Comme les fondations d'origine occupaient 500 pi2 et que la cour arrière reproduisait les mêmes dimensions, il fut aisé de doubler la superficie du rez-de-chaussée en traitant l'espace extérieur comme une extension de la cuisine familiale. Les anciens garages au fond de la cour ont été reconvertis en atelier de travail et un petit mur en maçonnerie a permis de refermer sur lui-même cet espace mitoyen. Un très bel arbre trône au milieu de la cour, protégeant les occupants des rayons du soleil en été.
L'intervention de M. Parent consistait à paysager une petite cour fermée, d'une superficie de 20 X 25 pieds, avec l'intention avouée de dépasser l'aspect purement fonctionnel de cet espace. Alors que l'espace intérieur de la résidence fut configuré en fonction d'un plan libre (sans division), l'organisation spatiale de la cour s'est cristallisée de façon très dense. L'instigateur de cet aménagement s'est appuyé sur le désir de «cadrer la nature» afin que la cour devienne une sorte de jardin miniature. À la manière des jardins zen japonais, là où l'agencement des pierres et du sable permet d'évoquer certains traits distinctifs de la nature locale, cet aménagement a su tirer parti de son exiguïté. Les résidants sont invités à contempler de petits monticules de terre, d'où surgissent des gleditschias, des arbres dont l'enracinement n'est pas agressif, qui viennent témoigner de l'aspect «tellurique de la nature», pour reprendre une heureuse formule du concepteur. La vue d'ensemble est frappante! Le créateur de cet espace minimaliste a utilisé les trois murs qui encerclaient la cour un peu comme un fond de scène neutre qui permet de dramatiser la composition. Ce petit jardin secret nous fait penser «à un cloître refermé sur lui-même, mais qui s'ouvre sur le ciel», tenait à conclure notre interlocuteur. Source : Le Répertoire de la maison neuve et de la rénovation au Québec 2007 - APCHQ
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